Osmophoria

Photographie, lifestyle et plus encore !
Selfie pris lors de mon passage en Allemagne durant mon roadtrip solo de l'été 2018
Quotidien

Moi, ma dépression, mon roadtrip

Aujourd’hui il s’agit d’un article un peu particulier puisqu’il s’agit… d’une vidéo !

Pas de panique pour celleux qui ne veulent pas / peuvent pas regarder une vidéo maintenant, j’ai mis l’ensemble de ce qui est dit dans la vidéo juste en dessous.
N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaire !

Bonjour les internets, c’est Osmophoria. Je vous fais une petite vidéo pour une fois pour vous évoquer un sujet qui me tient un petit peu à coeur. Si vous suivez le blog depuis un moment, vous avez pu remarquer que pendant les mois de juillet et août il il n’y a pas eu grand chose à arriver sur le blog. Là je reviens doucement mais tranquillement.
C’est un petit peu normal en fait. C’est simplement que depuis quelques mois j’ai commencé à vraiment m’enfoncer dans la dépression donc c’est un petit peu compliqué pour moi au quotidien à gérer. Et au mois de juin jusqu’au mois d’aout j’étais partie en roadtrip en solitaire parce que ça n’allait vraiment pas du tout. Je n’étais pas diagnostiquée à ce moment là pour ma dépression donc je n’avais pas de traitement mais je n’allait pas bien et j’avais des pulsions suicidaires. J’ai juste pris la décision de fuir un peu ma vie, de fuir mon quotidien, en prenant ma voiture et en prenant du temps pour moi parce que j’étais complètement perdue. Clairement je savais que je ne n’allais pas bien, que j’étais malade, que je n’étais plus moi-même mais je n’arrivais pas à trouver d’échappatoire et j’ai préféré tout quitter et prendre le temps de me retrouver un petit peu.

Le début du trajet

Donc j’ai fais un petit voyage comme ça, tranquillement, pendant à peu près un mois et demi en voiture. J’ai pris juste ma voiture, quelques affaires, de quoi me vêtir pendant une semaine, pas de maquillage -parce que de toute manière je savais que je n’allais pas me maquiller-, je n’ai pas pris de bouquins non plus. J’avais juste des fringues, mon appareil photo, de quoi écrire aussi. J’avais envie de garder une trace de ce voyage et c’était à peu près tout. Un peu de bouffe aussi, de quoi me démerder sans tout le temps dormir à l’hôtel ou manger au restaurant, c’est à dire au moins avoir un sac de couchage, une tente, des couverts, du sopalin, des serviettes… Ça aide beaucoup. Voilà.

Au niveau de l’itinéraire je n’avais clairement rien prévu. Je n‘avais pas prévu de durée de voyage ni rien, j’avais clairement pas prévu par où je passais ni faisais des pauses. Ça s’est construit au fur et à mesure du trajet. Du coup j’ai commencé par aller en Allemagne. Parce que l’Allemagne c’est super proche de la France et que je connaissais déjà ce pays là. C’était un pays que je voulais visiter un peu plus qu’auparavant, je voulais y passer du temps seule aussi et c’est un pays où je me sentais bien. Pour quelqu’un qui n’allait pas bien du tout, ça me paraissait être une bonne idée. Donc je suis passée par l’Allemagne, ensuite j’ai enchainé sur la République Tchèque parce qu’on m’avait dit que c’était un pays plutôt sympa et clairement j’ai adoré. C’était vraiment un très très beau pays.

J’ai pris la décision de retrouver ma soeur qui était en Roumanie à ce moment là et puis de la ramener en France car elle était en Erasmus là-bas et finissait sa période de cours.

Donc finalement pour quelqu’un qui était partie sans trop savoir en pensant aller en Allemagne, peut-être passer quelques jours, une, deux, trois semaines là-bas, je me suis retrouvée à partir pendant un mois et demi. Dans un premier seule avec juste ma voiture et dans un second temps avec ma soeur, pour aller jusqu’en Roumanie et revenir. Donc c’était pas mal.

Gérer un voyage avec la dépression

Après, je ne dis pas que tout s’est bien passé, que tout a été super simple à gérer pour moi. La dépression c’est assez fourbe en fait. Parce qu’il y a des moments où l’on peut se sentir pas trop mal, voire même bien mais il y a des moments où ça va retomber. C’est un peu comme un soufflé. Il y a des moments où on va se dire « whoa je me sens bien et tout » et des moments où ça va faire ploum, où tu ne te sens plus bien. Tu n’as plus goût à rien, de l’énergie pour rien du tout et ça peut être compliqué à gérer.

Donc il m’a fallu composer avec et clairement il y a des choses que j’aurais pu mieux faire si j’avais été en meilleure santé. Mais clairement je n’ai pas de regrets parce que je sais que j’ai fais au mieux en fonction de comment je me sentais et de ma maladie. Mais clairement par moment c’était plutôt compliqué. Sans compter que oui j’étais dépressive, mais j’étais aussi suicidaire donc avec des petites crises suicidaires par moment, où là j’étais bien contente d’avoir des amis qui malgré la distance restaient très très proches et ont pu m’aider là dessus.

Donc j’ai pris quelques dispositions vis-à-vis de ça parce que finalement on ne voyage pas pareil quand on va « bien » que quand on est en dépression. C’est à dire que j’avais prévu un petit papier en anglais avec mes personnes de contact si on me trouvait et que ça allait mal, c’est-à-dire ma famille, mes amis proches les médecins qui me suivaient. Je n’avais pas de traitement à l’époque car je n’étais pas diagnostiquée en tant que dépressive, maintenant c’est le cas, mais j’avais des anti anxiolytiques qui m’avaient été prescrits par un médecin et que j’avais avec moi. Au cas-où ça me servait de béquille, ça me servait juste de pouvoir tenir quand j’avais de gros moments de crises d’angoisse ou d’anxiété et du coup c’était pas si mal.
Mais je ne le conseille pas. Si vous avez besoin de médicaments allez voir un médecin, faites-vous suivre, prenez un vrai traitement, faites-vous accompagner correctement et ne jouez pas au yo-yo avec les médocs.
Ce n’est pas quelque chose à faire.
Moi je l’ai fait parce que sur le moment c’était un peu ma solution de repli, ma solution de recours pour pouvoir continuer mais aujourd’hui je ne le referais pas. Aujourd’hui je referai peut-être un road trip mais sous un traitement complet et je ne ferais pas le yo-yo avec des médicaments.

Du coup j’avais un peu cette fiche en permanence avec moi pour le « au cas-où ». Je me préparais en permanence à avoir des solutions de repli au cas-où j’ai des moments de creux ou des moments où je ne me sens pas bien. J’avais ma voiture qui me servait beaucoup de coquille de protection, d’endroit où je pouvais me retrouver et savoir que j’étais en sécurité. C’était un peu ma maison en fait.

J’avais ça, j’avais les médicaments si vraiment ça n’allait pas. Je gardais quand même pas mal contact avec mes amis via mon portable car c’était important pour moi de les tenir au courant et d’avoir des petits mots de soutien ou de réconfort quand j’en avais besoin, de savoir que je n’étais pas complètement seule au monde.

Parce que j’étais seule avec ma voiture, sans itinéraire prévu, j’ai croisé du monde dans les hôtels, les auberges de jeunesse où je dormais et autre, mais je n’ai pas vraiment passé de moment clairement accompagnée dans la première partie de mon voyage, avant de rejoindre ma soeur.
Donc j’ai dû faire face à ma solitude un peu.

Les implications physiques de la dépression

La dépression a des implications au niveau physique aussi ce qui faisait qu’il y a des moments où je me vidais de toute énergie pour rien et qu’il fallait que je fasse une pause, que je trouve des endroits de repli. Que ce soit un musée où là je pouvais me poser tranquillement et me baisser la tension, ou ma voiture, ou même les hôtels où j’allais. Des fois je rentrais à l’hôtel à 16h pour me reposer, c’est pas grave, ça fait partie du jeu.

Ça avait aussi des impacts sur mon alimentation parce que quand on a goût à rien on n’a pas goût à manger non plus. Sans compter que je suis vegan donc des fois ça peut être plus compliqué à trouver. Même si clairement je n’ai pas eu de soucis durant mon voyage ça peut être plus compliqué.
Du coup j’avais déjà pas mal perdu de poids avant mon voyage donc mon but durant ce mois et demi ça a été de ne pas perdre trop de poids et je ne m’en suis pas trop mal sortie.

Clairement, pour quelqu’un qui se retrouve à se gérer toute seule alors qu’elle ne va pas bien du tout je m’en bien sortie. Même s’il y a des périodes où je n’ai pas mangé de manière très très régulière. Mais ça faisait partie des choses auxquelles je prêtais attention au quotidien, et voilà.

Au niveau des autres implications il y avait aussi le mal dormir. Avoir des difficultés à s’endormir, à passer une nuit sereine quand je dormais en dortoir et que j’avais des gens autour de moi, parce que ça fait partie de mes sources d’anxiété. Je me retrouvais avec une sociabilité un petit peu forcée en fait, mais c’était ainsi.

C’est un peu ces trois aspects là que j’avais, l’aspect fatigue de la dépression, l’aspect troubles alimentaires un peu, et l’aspect difficultés à dormir. D’où beaucoup de planification sur ce que je faisais au jour le jour. Parce que même si je n’avais pas planifié sur la durée, que je ne savais pas où j’étais le lendemain ou le surlendemain, chaque jour le matin quand je me levais je me disais « Bon, là je suis où, je fais quoi, est-ce que je me déplace ? Si je me déplace, quand est-ce que je me déplace ? Comment je gère ça un peu ? Et si je veux visiter des choses, quand est-ce que je vais les visiter ? Où est-ce que je vais manger ? ». Histoire de cadrer tout ça un peu et ne pas me retrouver simplement à m’emporter, à tomber de fatigue au bout d’un moment et à ne juste plus pouvoir rien faire quoi.

Ce que j’en retire

Du coup les aspects positifs dans tout ça, quand même il y en a eu. Il y en a eu pas mal. J’en ai retiré que, mine de rien, même si je n’étais vraiment malade j’arrivais à faire quelque chose de mes journées.
Même si je sais que des fois je ne profitais pas à 100% du moment présent, que des fois je faisais plein plein plein de choses mais que je n’avais pas l’impression d’en retirer quoique ce soit il y avait quand même du bon.

J’ai découvert énormément de choses, j’ai agrandi ma culture d’une manière incroyable, j’ai rencontré de nouvelles personnes, j’ai échangé avec pas mal de monde. J’ai aussi appris à faire avec ma solitude, à faire avec le fait que je suis une personne mais que je n’ai pas besoin d’avoir une personne en permanence avec moi pour être complète ni même pour pouvoir avancer et vivre au quotidien.

Je crois que c’est important ce mot avancer en fait. Ça m’a quand même pas mal appris que, même si j’étais malade, même si je n’allais pas bien je n’étais pas au bout, j’avais toujours une capacité à avancer, à découvrir. Un peu à m’émerveiller aussi même si c’est difficile car la dépression fait que les sentiments positifs c’est très compliqué à ressentir.

Mais oui, je pouvais toujours découvrir des choses, je pouvais toujours avancer et ça, ça faisait juste du bien en fait. Même si sur le moment je ne réalisais pas forcément, et que clairement il y a des fois où je me demandais pourquoi je faisais tout ça. Pourquoi chaque jour je me levais super tôt, pourquoi je marchais des kilomètres, pourquoi je faisais des kilomètres en bagnole, que je voyais des trucs alors que j’aurais pu rester simplement dans mon lit à pleurer ça aurait été un peu la même pour moi à ce moment là.J’ai quand même réussi à avancer et à profiter un peu de ce voyage.

Et j’en tire aussi beaucoup de photos, que vous allez bientôt voir sur le blog je pense, parce que clairement en un mois et demi je n’ai pas chômé. J’ai pas chômé du tout, j’ai pleinement occupé mes journées. Chaque soir je rentrais complètement épuisée en fait. Je m’épuisais physiquement pour un peu limiter l’impact sur le mental. Mais du coup j’ai beaucoup progressé niveau photo je trouve, je me suis beaucoup améliorée là dessus.

J’ai évolué aussi personnellement, j’ai pris plus de confiance en moi. Maintenant je sais que je suis capable de parler tranquillement en anglais avec des gens et je suis capable d’être comprise. Ce qui est vraiment pas mal pour moi qui suis de base plutôt quelqu’un d’introverti en fait, qui a du mal à parler avec des gens en français en France et sans trop les connaitre. Mais alors parler à des étrangers, dans un pays étranger et en anglais ça me paraissait genre insurmontable et maintenant bah, c’est beaucoup plus simple. Vous allez le voir bientôt sur le blog, j’ai travaillé avec des gens alors que j’étais pas du tout chez moi, je ne travaillais même pas dans ma langue natale mais c’était rigolo. On a eu du fun.

Clairement, si c’était à refaire, avec toutes les galères que j’ai eu, je le referai. Parce que j’en ai retiré beaucoup beaucoup de choses bénéfiques.
Sur le court terme parce que j’ai réussi à me maintenir en vie un mois et demi toute seule comme une grande, je ne suis pas sûre que j’aurais réussi à le faire si j’étais restée en France.
Sur le moyen terme, parce que je sens déjà que le fait d’avoir à me débrouiller comme ça, vraiment toute seule et me confronter un petit peu à tout ce qui était très difficile pour moi, en tant que personne, en vue de ma personnalité, ça m’a aidé à améliorer un petit peu tout ça.

Je me sens aussi plus en raccord avec moi-même et sur le long terme je pense que ça va avoir des bénéfices aussi. Parce que je m’en ressort grandie. Ça a été dur, je le cache pas, j’en ai chié. Par moment j’avais juste envie de pleurer et de rentrer à la maison. Parce que je me suis retrouvée paumée dans des coins de campagne sordides, ou je ne savais pas ce que je voulais faire ni pourquoi j’avais décidé de prendre ma voiture et d’aller aussi loin. Enfin, c’est absurde quand on y pense, c’est un peu absurde en fait.
Mais je l’ai fait et je suis contente de l’avoir fait.

Et pour la suite ?

Si vous voulez et si ça vous intéresse, n’hésitez pas à me dire que ce soit dans les commentaires de la vidéo, sur le blog ou même sur les réseaux sociaux, si ça vous intéresse que je vous parle un petit peu plus de comment je me suis organisée en tant que meuf qui fait un roadtrip en solo. Parce que c’est vrai qu’il y avait des petits aspects techniques que là je n’ai pas abordé dans ma vidéo parce que je voulais vraiment axer ça sur comment j’ai vécu mon voyage en étant malade, en étant dépressive. Mais si ça vous intéresse de savoir comment je me suis débrouillée pour m’organiser au jour le jour, comment j’ai prévu mes itinéraires ou comment j’ai fait pour me sécuriser en tant que meuf dans des pays étrangers, y’a pas de soucis, vous demandez tout ça dans les commentaires, par MP ou autre. Je ferais des petits articles sur le sujet je pense mais s’il y a vraiment des sujets précis qui vous intéresse, n’hésitez pas ça me fera très très plaisir, et même d’avoir des petits retours là dessus.

C’était ma première vidéo jamais réalisée donc je sais déjà que niveau son ça va être un peu à chier et autre. Je vous remercie de l’avoir suivie jusqu’ici. Je verrais si je continue à faire des formats un peu comme ça ou pas parce que c’est un peu compliqué pour moi le face caméra, je l’ai déjà dit je suis un peu introvertie comme personne et du coup c’est un petit peu compliqué pour moi.

Mais je vous remercie de votre indulgence et j’espère que ça vous a intéressé. Ça me tenait vraiment à coeur en fait de vous parler de tout ça avant de vous parler plus en détail de mon roadtrip et puis de vous montrer des petites photos, vous faire visiter virtuellement des petits endroits et tout.
J’espère vraiment que ça vous a plu et puis je vous dis à bientôt sur internet, sur le blog et sur les réseaux sociaux.

Bye !

3 Commentaires

  1. C’est vraiment super <3

    Sur le fait que "je suis une personne mais que je n’ai pas besoin d’avoir une personne en permanence avec moi pour être complète ni même pour pouvoir avancer et vivre au quotidien", c'est tellement important ça, même si je trouve que c'est difficile à apprendre, et d'ailleurs certaines personnes ne le sauront jamais….

    1. Merci beaucoup ! <3
      Je trouve ça super important de savoir qu'on est une personne par ce que l'on est à l'intérieur et non pas par la manière dont les personnes nous perçoivent ou nous prêtent de l'attention. Mais on reste des êtres sociaux et notre sociabilité nous pousse parfois à prêter trop d'attention aux autres sans percevoir ce que nous, en tant qu'individu, sommes capables.

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