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Review ciné – The circle

The circle est un film de James Ponsoldt sorti le 19 juillet 2017, avec Emma Watson, Tom Hanks, John Boyega, Karen Gillan.

Sinopsis rapide : Mae Hollande, une jeune femme, passe de petits boulots précaires en petits boulots précaires et vit toujours chez ses parents, dont son père atteint de la sclérose en plaques. Jusqu’au jour où une de ses amies l’appelle pour lui annoncé qu’elle lui a décroché un entretien dans sa boite The Circle, LA boite tendance du moment, dans laquelle un CDI garanti bonheur et prospérité jusqu’à la fin de sa vie. Le pur rêve de tout travailleur.euse en quelque sorte.
So what ? Elle obtient le job, démarre tout en bas de l’échelle et prends une place de plus en plus importante dans The Circle, l’entreprise florissante basée sur l’innovation numérique et les réseaux sociaux.

Bandes annonces :

Bande annonce 1 : sur Allociné
Bande annonce 2 : sur Allociné

 

/!/ La suite contient des spoilers du film /!/

 

Les bandes-annonces du film étaient intrigantes, le film promettant une réflexion sur notre vie numérique et la vie privée avec un très beau panel d’acteur.ices. Genre, Emma Watson et Karen Gillan dans un même film, c’est un très beau casting.

L’histoire est centrée sur Mae Holland (Emma Watson), jeune femme sans histoires qui vit chez ses parents et enchaine les jobs d’intérim en hotline. Elle fait tout ce qu’elle peut pour aider à payer les soins médicaux de son père, atteint d’une sclérose en plaque.
Elle reste une utilisatrice basique de l’informatique, elle a un smartphone, communique souvent via sms et mails mais est peu usager des réseaux sociaux.
Et vient le jour où son amie Annie Allerton (Karen Gillan) lui décroche un entretien d’embauche à The Circle. Elle se retrouve propulsée dans un monde à part, celui d’une grande entreprise hyper connectée, hyper proche de ses employé.e.s et toujours plus innovante. Si l’on devait représenter The Circle par des entreprises actuelles, ce serait une super-entreprise regroupant Google, Apple et Facebook.

Mae arrive en tant que simple employée dans la section service client. On lui offre un téléphone portable et une tablette, qu’elle doit toujours avoir avec elle. Evidemment, les deux outils sont produits par The Circle. Bien sûr, comme pour tout travail, elle a des objectifs à tenir. Pour se faire, elle est évaluée par chaque client après chaque intervention, comme il se fait déjà dans certaines entreprises (par exemple, Uber). Si sa note tombe trop bas (sous 80/100) , elle est virée. La semaine suivante, des employé.e.s arrivent pour l’aider à paramétrer son profil sur le réseau social de The Circle, afin qu’elle soit plus connectée avec l’ensemble des employés de l’entreprise et qu’elle se tienne au courant des activités du campus.

Comme The Circle est est une grosse entreprise, Mae bénéficie de leur mutuelle, en l’échange de toutes ses données médicales. Elle obtient aussi un bracelet connecté, lui permettant de recevoir toutes ses notifications en temps réel, tout en mesurant son état physique (comme la Iwatch). Grâce à la gentillesse de l’entreprise, la mutuelle est étendue à ses parents. Son père peut enfin bénéficier d’un traitement pour sa maladie !
En peu de temps, elle se retrouve à communiquer uniquement par des moyens créés par The Circle, leur céder tous ses documents administratifs, loger en permanence sur le campus sous leur surveillance, avec des caméras dans son open space, ses données médicales et celles de ses parents à disposition de l’entreprise.

Cela paraît déjà énorme en terme d’intrusion de l’entreprise dans la vie de Mae. Cependant suite à un accident, elle se porte volontaire pour devenir la première personne de The Circle a porter en permanence une caméra sur elle, dont le flux est disponible en ligne. Elle devient 100% transparente, fidèle au mantra du « tout partager » prôné par The Circle.

Mais tout n’est pas parfait dans le monde du tout connecté. L’ami d’enfance de Mae, Mercer, est victime de cyberharcèlement suite à un post de Mae et refuse de la voir. Les parents de Mae furent équipés de caméras dans leur maison mais suite à une exposition de leur vie intime sur internet ils débranchèrent tout. Un nouveau programme développé par The Circle pour rechercher des individus amène Mercer dans une fuite en voiture qui causera sa mort.
En parallèle, Mae rencontre Ty Lafitte, un ex-membre fondateur de The Circle ayant quitté l’équipe  suite à de profonds désaccords sur la tournure que prenait l’entreprise.

Mae débranche sa caméra et retourne chez ses parents, le temps de se remettre de la mort de son ami. Elle recontacte son amie Annie, qui a quitté l’entreprise à la limite du burn-out et qui lui fait part des irrégularités commises par The Circle à l’étranger.

Il reste 20 min de film et Mae décide de retourner à The Circle après avoir contacté Annie et Ty. On pouvait très clairement imaginer un retournement de fin, ou, après avoir encensé les bienfaits du tout connecté et tout stocké au même endroit arrivait une critique des travers de du big data et de la surveillance de masse. En tout cas, moi je l’attendait très très fort.

MAIS NON. Et c’est peut-être ce qui m’a le plus déçu dans le film.
De fait, elle retourne juste dans The Circle, obtient d’animer la prochaine présentation d’une nouvelle technologie, et balance tous les dossiers secrets des dirigeants de la boite. Sur ce, il n’y a plus de secrets dont plus de mensonges possibles, The Circle peut repartir sur des bases saines.
Moralité : si tout le monde peut voir ce que tout le monde fait alors il n’y a plus de mensonges et donc tout est bien ! Et tant pis si la vie privée n’existe plus, parce que tout est pour le mieux. Fin.

Le positif :

  • Visuellement, le film m’a rappelé Bienvenue à Gattaca et Her, avec ces bâtiments très sobres, ces univers refermés sur eux-mêmes, avec un esprit très graphique. Ces films sont des classiques de dystopie et revoir un film reprenant ces codes, même s’ils ne sont pas très originaux, m’a fait plaisir.
  • De nombreux passages soulèvent des problématiques intéressantes notamment sur cette question du « qu’est-ce que l’on est d’accord de montrer aux autres, au monde ? ». La séquence de l’ « accident » des parents de Mae est très parlant : les parents sont surpris par l’activation d’une caméra lors d’un rapport sexuel, alors qu’ils avaient autorisés l’installation de celle-ci. Mais ils n’avaient pas prévu qu’elle puisse être utilisée sans leur consentement !
  • La question des données médicales et de leur utilisation est très intéressante. Dans le film, The Circle, qui est une énorme entreprise privée, récupère TOUTES les informations médicales de tou.tes ses employé.es et leurs familles sans que personne ne sache exactement comment elles sont stockées et utilisées et ça ne choque personne ?? 
  • Mae, nouvelle employée est rapidement intégrée au sein de The Circle. De fait, plus le temps passe, plus sa vie commence à se résumer uniquement par son travail fourni et ses activités au sein de l’entreprise. Le film montre de manière discrète les effets des techniques de management “à la mode” où la question du bien-être de l’employé.e est liée uniquement à sa productivité (voir l’article “Les effets du management à la cool”) et où l’employé.e est résumé.e à une note, essentielle à sa survie au sein de l’entreprise (voir les articles “Airbnb, Uber, Amazon… Sommes-nous entrés dans l’ère de la notation ?” et “Quand les clients notent les salariés”)

Le négatif :

  • Même si le panel d’acteurs est très bon, ceux-ci sont peu mis en avant ! Les personnages restent très plats et lisses tout au long du film. Par exemple, Karen Gillan qui fut mémorable dans Docteur Who reste inconsistante dans son rôle d’Annie. Volonté de la réalisation ou pas, je n’en sais rien. Je sais juste qu’à cause de cela, il me fut compliqué de m’attacher aux différents personnages.
  • LE DEVELOPPEMENT FINAL. Aïe. Il y avait tout ce qu’il fallait pour faire une oeuvre de sensibilisation massive, mais le soufflé est retombé les 20 dernières minutes. Il y avait tellement à dire cependant sur la vie privée et la souveraineté des données… Peut-être une prochaine fois à l’écran ? Je l’espère.

 

En résumé : un film à regarder pour passer un moment tranquille, sans pour autant dépenser 10€ dedans

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